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Les années 50
LE MACHO ET LA
«TAPETTE»

Commençons par les années 50. L'époque où tout étaient encore purs
et propres, les légumes étaient frais, les enfants jouaient toujours à l'extérieur et
les femmes demeuraient à la maison. Le jardin D"Eden. C'était la décennie de la
testostérone. L'homme se faisait un devoir d'être mal rasé et surtout cerné jusqu'au
nombril. C'était le sex-apeal du moment, les visages de bouledogues alcoolos à la
Humphrey Bogart.
Au cinéma, c'était l'époque du beau ténébreux,
le vrai mec. Celui qui ne se lave jamais, qui dénigre toutes les femmes, sauf sa mère,
et qui n'est jamais de bonne humeur. Et pour cause : Les années 50, c'est aussi l'ère de
la menace nucléaire et des homards géants communistes venus de l'espace...
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Scénario du macho habituel

« Un chaud après midi d'été en Louisiane. Bien installé dans son bureau
crasseux, une main sur ses testicules, Dick attend patiemment la sonnerie du téléphone
en espérant décrocher un nouveau contrat.
Pour passer le temps, s'ennuyant à mourir, il s'amuse à écraser les mouches qui
se déposent sur son bureau et s'enfile plusieurs rincée Scotch dans un gobelet de
plastique.
Et rêvassant tout l'après-midi, saoul mort, il s'imagine sur un beau palefroi, à
cavaler dans une chambre emplis de donzelles en robe du soir. (Remarquez que ce genre de
fantasme n'est plus vraiment à la mode.)
Il s'éveille en fin de journée, déçu. C'est le temps de s'en retourner au près
de sa tendre épouse qui fait du bon pouding ou vers une destination plus
nébuleuse
où les femmes n'ont pas leur place.» |
On retrouvait également dans le cinéma des années 50, l'antithèse du macho, la
tapette, également qualifié dans le meilleur des cas de «Sal invertis de merde.» Il
s'agit d'un des personnages préférés des comédies de l'époque.
La tapette était un personnage risible, le plus souvent affublé de faux seins et grimé
d'un rouge à lèvres mal appliqué qui débordait sur ses joues. En fait, la tapette
était une vulgaire caricature de la
femme. Ce personnage servait à reproduire les prétendus défauts du sexe faible. Par
exemple, la couardise, l'hystérie, la névrose, l'hypocrisie et le besoin insensé de
préliminaires sexuels. (voir, Trois essais sur la théorie sexuelle de Freud)
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Scénario de la tapette

En général, la tapette
passait le film à se déguiser en pute afin d'échapper au détective privé ou au
méchant gangster de la mafia. Notez que dans les années 50, la tapette n'était pas un
homosexuel, ce qui aurait été beaucoup trop dérangeant pour les murs de
l'époque. Non, la tapette était uniquement un hétéro sans couille qui adorait se
travestir en laideronne, un genre de névrosé imaginatif.
Rappelez-vous qu'en ce temps là, l'homosexualité était un cas d'emprisonnement.
Si vous étiez gay et qu'on avait le malheur de s'en rendre compte, on vous jetait au
cachot pour sodomie. C'est qu'en Amérique il fallait bien dénicher un nouveau bouc
émissaire, depuis la légalisation de la sorcellerie et l'émancipation des noirs
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Les
années 60
LE MARIS,
L'AMANT ET LA GUITARE

C'est terminé l'ère du sombre héros qui délimitait son territoire à grands
jets d'urine. Les années 60, c'est la décennie de la fraternité et de l'amour
romantique. Depuis qu'il a laissé tomber ses lunettes à corne et ses habits
d'entrepreneur en pompe funèbre, l'homme s'est transformé en un être assoiffé de
tendresse, cherchant à connaître le grand amour, ensuite le mariage, puis enfin la
position du missionnaire.
Au cinéma, il y avait le personnage du maris
fidèle, en plein démon du midi, qui se contentait de flirter. Et celui de l'amant
potentiel, le bel étalon qui chantait des ritournelles, qui aimait jouer au golf avec
papa, mais qui se contentait de flirter. C'est l'époque d'Elvis en chemise pastel et de
Claude François qui visse des ampoules électriques dans son bain. - À moins que ce soit
arrivé dans les années 70, les années 80 ? Je m'en rappelle plus... Mais de toutes
façons, on se fout bien d'un mec qui a l'idée de se mettre les pieds dans l'eau et le
doigt dans une prise électrique 100 ans après l'invention de l'électricité.
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Scénario habituel
du mari

Le mari est seul à
la maison et le deuxième étage est maintenant habité par Miss Juin, une jolie sotte aux
formes généreuses qui ressemble étrangement à Marilyn Monroe.
(En fait, il s'agit de Jane Mansfield)
Bref, le pauvre mari est au prise avec un douloureux dilemme: s'ils se rencontrent,
va-t-il oser l'embrasser sur la main ou se contentera-t-il de lui proposer un bain de pied
!?
Scénario de
l'amant

Ricky est un ancien
prisonnier, un coureur automobile et un spécialiste du Mambo sur plage... ( Il a déjà
été G.O !) Un jour, il est soudainement attiré par une riche fille à papa, ce qui
l'incite à jouer de la guitare, à casser la tronche des prétendants, à bouffer des
amphétamines, à tirer du gun dans des écrans de télévision et à ce faire ami
avec le paternel, un ancien militaire qui adore les coupes à ras le crâne. |
Les
années 70
LE NATURALISTE ET LE SCIENTIFIQUE

À cette époque on se questionnait
sur ce qu'il y a de meilleur, entre le naturel et le synthétique. D'une
part il y avait
les grosses barbes drues, les sandales indiennes, les colliers en cuir recyclé, les
cheveux longs et les bites au vent. D'autre part, il y avait les pantalons en gabardine de
polyester et les gilets moulants qui occasionnent des rougeurs lorsqu'on transpirait.
Au cinéma, c'était la même dichotomie. On y
retrouvait premièrement l'homme à l'état primitif, à sa plus bête expression : le G.I
du Vietnam, le hippie toxicomane, le tueur psychopathe, les Charlots... Simultanément, il
y avait des personnages synthétiques: l'homme bionique, la voiture qui pense, le
scientifique fou ou Elvis en obèse. Bref, mieux vaux ne pas trop se poser
de questions, c'est également l'époque de la série La planète des singes.
N.B : Les années 70 virent
aussi l'émergence du cinéma Québécois. C'était l'époque des films de fesses sans
raffinement, des chemises à carreaux et des tartes aux poils.
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