MYD Spécial Sexe Mai 2000  Vol4 No1
L'amant des années 50

MASCULIN PLURIEL

L'ÉVOLUTION DU MÂLE DANS LES DERNIÈRES DÉCENNIES AU CINÉMA AMÉRICAIN

Je vous présente dans notre section Étrange les différents stéréotypes masculins dans les films américains, mais j'ai négligé de vous dire que ces stéréotypes évoluaient au fil des années...



Les années 50

LE MACHO ET LA «TAPETTE»


Commençons par les années 50. L'époque où tout étaient encore purs et propres, les légumes étaient frais, les enfants jouaient toujours à l'extérieur et les femmes demeuraient à la maison. Le jardin D"Eden. C'était la décennie de la testostérone. L'homme se faisait un devoir d'être mal rasé et surtout cerné jusqu'au nombril. C'était le sex-apeal du moment, les visages de bouledogues alcoolos à la Humphrey Bogart.

Au cinéma, c'était l'époque du beau ténébreux, le vrai mec. Celui qui ne se lave jamais, qui dénigre toutes les femmes, sauf sa mère, et qui n'est jamais de bonne humeur. Et pour cause : Les années 50, c'est aussi l'ère de la menace nucléaire et des homards géants communistes venus de l'espace...



Beurp !


Scénario du macho habituel


« Un chaud après midi d'été en Louisiane. Bien installé dans son bureau crasseux, une main sur ses testicules, Dick attend patiemment la sonnerie du téléphone en espérant décrocher un nouveau contrat.

Pour passer le temps, s'ennuyant à mourir, il s'amuse à écraser les mouches qui se déposent sur son bureau et s'enfile plusieurs rincée Scotch dans un gobelet de plastique.

Et rêvassant tout l'après-midi, saoul mort, il s'imagine sur un beau palefroi, à cavaler dans une chambre emplis de donzelles en robe du soir. (Remarquez que ce genre de fantasme n'est plus vraiment à la mode.)

Il s'éveille en fin de journée, déçu. C'est le temps de s'en retourner au près de sa tendre épouse qui fait du bon pouding ou vers une destination plus nébuleuse où les femmes n'ont pas leur place.»


On retrouvait également dans le cinéma des années 50, l'antithèse du macho, la tapette, également qualifié dans le meilleur des cas de «Sal invertis de merde.» Il s'agit d'un des personnages préférés des comédies de l'époque.

La tapette était un personnage risible, le plus souvent affublé de faux seins et grimé d'un rouge à lèvres mal appliqué qui débordait sur ses joues. En fait, la tapette était une vulgaire caricature de la femme. Ce personnage servait à reproduire les prétendus défauts du sexe faible. Par exemple, la couardise, l'hystérie, la névrose, l'hypocrisie et le besoin insensé de préliminaires sexuels. (voir, Trois essais sur la théorie sexuelle de Freud)



Beurp !


Scénario de la tapette


En général, la tapette passait le film à se déguiser en pute afin d'échapper au détective privé ou au méchant gangster de la mafia. Notez que dans les années 50, la tapette n'était pas un homosexuel, ce qui aurait été beaucoup trop dérangeant pour les mœurs de l'époque. Non, la tapette était uniquement un hétéro sans couille qui adorait se travestir en laideronne, un genre de névrosé imaginatif.

Rappelez-vous qu'en ce temps là, l'homosexualité était un cas d'emprisonnement. Si vous étiez gay et qu'on avait le malheur de s'en rendre compte, on vous jetait au cachot pour sodomie. C'est qu'en Amérique il fallait bien dénicher un nouveau bouc émissaire, depuis la légalisation de la sorcellerie et l'émancipation des noirs !


Les années 60
LE MARIS, L'AMANT ET LA GUITARE

C'est terminé l'ère du sombre héros qui délimitait son territoire à grands jets d'urine. Les années 60, c'est la décennie de la fraternité et de l'amour romantique. Depuis qu'il a laissé tomber ses lunettes à corne et ses habits d'entrepreneur en pompe funèbre, l'homme s'est transformé en un être assoiffé de tendresse, cherchant à connaître le grand amour, ensuite le mariage, puis enfin la position du missionnaire.

Au cinéma, il y avait le personnage du maris fidèle, en plein démon du midi, qui se contentait de flirter. Et celui de l'amant potentiel, le bel étalon qui chantait des ritournelles, qui aimait jouer au golf avec papa, mais qui se contentait de flirter. C'est l'époque d'Elvis en chemise pastel et de Claude François qui visse des ampoules électriques dans son bain. - À moins que ce soit arrivé dans les années 70, les années 80 ? Je m'en rappelle plus... Mais de toutes façons, on se fout bien d'un mec qui a l'idée de se mettre les pieds dans l'eau et le doigt dans une prise électrique 100 ans après l'invention de l'électricité.



Fiou ! Fiou !


Scénario habituel du mari

Le mari est seul à la maison et le deuxième étage est maintenant habité par Miss Juin, une jolie sotte aux formes généreuses qui ressemble étrangement à Marilyn Monroe. (En fait, il s'agit de Jane Mansfield) Bref, le pauvre mari est au prise avec un douloureux dilemme: s'ils se rencontrent, va-t-il oser l'embrasser sur la main ou se contentera-t-il de lui proposer un bain de pied !?

Scénario de l'amant

Ricky est un ancien prisonnier, un coureur automobile et un spécialiste du Mambo sur plage... ( Il a déjà été G.O !) Un jour, il est soudainement attiré par une riche fille à papa, ce qui l'incite à jouer de la guitare, à casser la tronche des prétendants, à bouffer des amphétamines, à tirer du gun dans des écrans de télévision et à ce faire ami avec le paternel, un ancien militaire qui adore les coupes à ras le crâne.


Les années 70

LE NATURALISTE ET LE SCIENTIFIQUE

À cette époque on se questionnait sur ce qu'il y a de meilleur, entre le naturel et le synthétique. D'une part il y avait les grosses barbes drues, les sandales indiennes, les colliers en cuir recyclé, les cheveux longs et les bites au vent. D'autre part, il y avait les pantalons en gabardine de polyester et les gilets moulants qui occasionnent des rougeurs lorsqu'on transpirait.

Au cinéma, c'était la même dichotomie. On y retrouvait premièrement l'homme à l'état primitif, à sa plus bête expression : le G.I du Vietnam, le hippie toxicomane, le tueur psychopathe, les Charlots... Simultanément, il y avait des personnages synthétiques: l'homme bionique, la voiture qui pense, le scientifique fou ou Elvis en obèse. Bref, mieux vaux ne pas trop se poser de questions, c'est également l'époque de la série La planète des singes.

N.B : Les années 70 virent aussi l'émergence du cinéma Québécois. C'était l'époque des films de fesses sans raffinement, des chemises à carreaux et des tartes aux poils.



Rhaaaaaaa!!

Exemples de films naturels

- Les Charlots font du nudisme contre Dracula
- Les bronzés font du bide
- Mange mon sirop d'érable 3

Exemples de films synthétiques

-  Retour sur la terre du futur de la planète des singes 3
-  L'île du Docteur Montignac
-  Polyester (le film qui puait)

 

 




Les années 80
LE PAUMÉ ET LE PUISSANT

Dans les années 80, il était impératif d'avoir beaucoup d'argent. C'était le début de l'individualisme exacerbé. Il était donc bien vu en société d'afficher un look original et personnel. Ce qui mena à la confusion sexuelle. Souvent les hommes se pavanaient avec des boucles d'oreille et des collants aux motifs léopard, les femmes ressemblaient à Boy George ou à George Michael.

Au cinéma, les scénarios exploitaient tous le thème de l'argent et de la carrière. C'était les histoires du petit gars qui voulait ouvrir un bar jet-set, du requin de la finance qui dévorait ses adversaires ou du jeune étudiant qui transformait son minable appartement en bordel de luxe. L'ensemble était présenté avec des gros plans sur plusieurs logos d'entreprise, souvent des compagnies de fixatif pour les cheveux. Et on se demande pourquoi.



Tchica boum ! Tchica boum !


C'était dans les années 80

À cette époque Michael Douglas pouvait décrocher un rôle de jeune requin dans Wall-Street sans avoir à se faire remonter le visage. Dans la même logique, Harrison Ford était encore crédible en tant qu'Indiana Jones.

Même si à cette époque il ne ressemblait toujours pas à Diana Ross, Michael Jackson se sentait bien dans sa peau. Bien que se sentir ne fut pas un grand exploit, puisqu'à cette époque Michael avait encore un nez.

George Lucas fit fureur avec "Le retour du Jedi" sans nous faire chier avec une promotion qui s'éternise durant deux ans ! Enfin, la compagnie Apple cartonnait avec ses progrès technologiques et non seulement à l'aide de stupides boîtiers en couleurs.


Les années 90
LE SAGE ET L'INCONSÉQUENT


Les années 90 furent celles de la recherche d'une idéologie, d'un système de valeur cohérent et de questionnement philosophique. Par exemple, on se demandait si ce serait bien de sauver les arbres, de nettoyer les eaux pollués, de désinfecter les Éthiopiens, de se faire cramer dans un chalet suisse et d'inventer la moto-crotte. L'homme de cette décennie était un être conscientisé, mais surtout un être extrêmement hygiénique.

Au cinéma, on retrouve cette même recherche d'absolu, teintée de notions écologiques, avec des films tels que «Péril sous la terre», «Mon ami l'épaulard», «L'homme qui plantait des Arabes» et surtout le magnifique «The Beach»...



Grrrr !


Exemples de questionnements
philosophiques


1) Devrais-je me faire percer les mamelons ?
2) Mon antisudorifique peut-il détruire la couche d'ozone ?
3) Devrais-je recycler la litière de mon chat ?
4) Suis-je un homme, même si je n'ai pas de voiture ?
5) Est-ce que je préfèrerais Pamela sans implants ?
6) Le prince William est-il réellement un tombeur !?
7) Où est passé Demi Moore ?
6) Suis-je Adidas, Nike ou Reebok ?


Yanick D. Y2K

 

 

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