- VOL4  NO1 - MAI 2000 -

SPÉCIAL SEXE
V E R S I O N    H O M M E

 



Mauvais Clichés !

Le mâle au cinéma américain

Le cinéma américain a établi sa popularité grâce à une panoplie de clichés poussiéreux, les supposées recettes gagnantes. Ainsi, quand vient le temps de concevoir un personnage masculin, les scénaristes ont la possibilité de jeter leur dévolu sur une série de stéréotypes.


Le héros monolithique
Un personnage insignifiant. Il s'agit de la montagne de muscle réglementaire, qui détourne les inondations, qui fait ricocher les balles avec son sternum et qui prend toujours un petit 30 secondes afin de baiser l'ingénue au ralenti, avant que cette dernière soit kidnappée par le vilain.

Héros monolithiqueSi le héros monolithique n'est pas assez musclé, on compensera ce manque flagrant de personnalité avec une multitude de gadgets sophistiqués ou un acolyte qui souffrira de la comparaison, de préférence un petit gros.

Autre caractéristique importante, ce héros porte un intérêt marqué pour son hygiène personnelle. Il n'est jamais malpropre et sa coupe de cheveux est généralement façonnée dans un fixatif à tenue maximale.

D'accord il porte toujours les même fringues, mais ils sont conçus afin de s'auto- nettoyer entre chaque scènes.

Phrase typique : «Rhgaa... Rhahaarg !!.»


Héros presque humain

Le héros insensible
Il se shoot généralement aux stéroïdes. C'est pourquoi il ressemble au héros monolithique. À la différence près, que le héros insensible absorbe toutes les balles au lieu de les faire ricocher sur son sternum.

Au premier tiers du film, il ruisselle déjà le sang par tout les orifices. Ce héros n'est pas une mauviette. Ainsi, même s'il a la mâchoire disloquée et trois balles dans l'épaule, il parviendra toujours à soulever l'ingénue sans faire de rondelles sous les aisselles. Il saigne mais il ne sue pas !

Phrase typique :
- Passes-moi le chalumeau,  je dois nettoyer cette blessure.


L'Éros
Ce type de héros se fout bien de défendre la veuve et l'orpheline. Ce qui lui importe vraiment, c'est de déployer ses muscles de manière esthétique. Ainsi entre deux scènes de combat, il prend le temps d'effectuer de multiples exercices d'assouplissement comme le grand écart entre deux chaises afin de bien impressionner les demoiselles. L'Éros est narcissique, superficiel, mais imbattable en ce qui attrait à l'application de la cire chaude.

Phrase typique : < langage corporel >

 

 


Le militaire

C'est souvent un gros afro-américain qui fume le cigare ou un petit blanc originaire de Brooklyn. Quoiqu'il en soit, le petit blanc sera toujours supérieur au gros noir, même si ce dernier est trois fois plus gros, trois fois plus brillant, et excelle en technique de survie en forêt. C'est que le gros noir va inévitablement péter une fusible et se mettre à tirer partout sans raison.
À noter que dans les films américains, contrairement à la vraie guerre, c'est généralement le noir qui est derrière. Le blanc s'expose au tir ennemi !

D'ordinaire le militaire se rase à l'aide d'une machette ou d'une mine anti-personnelle. Il sait également siffler comme un dieu. Par contre, il ne parle pas, ne ressent aucunes émotions et surtout ne mange pas. Vous ne risquez donc jamais de le voir accroupie en forêt à s'essuyer l'arrière train avec des feuilles mortes.

Phrases typiques, quand il parle :
   - Attendez de lui voir le blanc des yeux.
   - C'est la guerre mon Colonel !
   - P'tain de moustiques !
   - Viser les genoux !



Le boy-scout
Ce héros a une petite vie monotone mais depuis que sa femme est morte dans un attentat terroriste à Johannesburg, il est au prise avec de terribles flash-back. Il voit sa femme mourir en noir et blanc et au ralentit, ce qui le poussent à consommer énormément de café et à sauver quelques vies la fin de semaine.

Mélancolie et complexe de culpabilité, il ne peux s'empêcher de bafouiller devant la veuve éplorée qu'il convoite en silence. Cette dernière est d'ailleurs totalement sous le charme mais le boy-scout ne lui fera jamais l'amour. Il lui démontrera un peu d'affection à la fin du film, lorsqu'il adoptera un orphelin.

D'ordinaire si le boy-scout reçoit une balle, il meurt. Heureusement, ses ennemis ne savent pas tirer.


Phrases typiques :
  - Je t'aime, moi non plus.
  - Je dois t'avouer... Parfois je me réveille en criant.

 



PARANOÏA

Au Maryland en 1999 l'American Type Culture Collection vendait le Bacillus Antracis (l'antrax) pour seulement 35$ !


Le scientifique

Le scientifique est maigre et craintif. Il a la libido d'une betterave et il habite encore dans le sous-sol de ses parents. Heureusement il possède un Q.I au dessus de la moyenne, même s'il semble plus stupide que le héros lors des cas d'extrême urgence.

Le scientifique des films américains est en règle générale spécialisé qu'en une chose, concevoir des bidules qui se détraquent. Ainsi, ne lui demandez surtout pas de vous faire un expresso ou de lacer vos souliers; ceci dépasse ses compétences.

Phrases typiques :
  - Merde, un champs de neutrinos !!
  - Attendez-moi... J'ai perdu mes lunettes !



L'artiste méconnu

C'est le bel adonis dans une salopette trop grande, le torse tâché de latex, qui se tient à l'écart des autres. Il travaille continuellement dans son atelier et les œuvres qu'il produit sont dissimulées sous plusieurs tonnes de draperies car son rêve n'est pas tant de se faire connaître en tant que créateur, que de manifester sa sensibilité sous les couvertures.

L'artiste méconnu est un éternel romantique. Coup de chance, il s'avère qu'il est aussi le fantasme ultime de toutes les femmes. Ces dernières connaissent avec lui de chaudes nuits à se faire couvrir le corps de peinture, de sauce tartare, de miel et autres substances gluantes. Il faut avouer que l'artiste adore se salir car il est demeuré à sa phase anale.

Bref, au matin l'élue de son cœur se réveillera dans un lit d'esquisses, ses seins tracés au fusain. L'artiste, qui n'aura pas dormit de la nuit, lui tendra gentiment un café. Hélas, malgré tous ces efforts, il finira le film en tant que célibataire esseulé.

Phrases typiques :
  - Ne bouges pas, tu es si belle dans cette position.
  - Tu as déjà pensé à faire l'amour à trois ?



Le laideron
Dès le départ, il ne faut pas confondre le personnage du laideron et l'acteur qui est laid mais qui ne joue pas nécessairement un laideron. En tant que personnage, on attribue normalement au laideron bon nombre de clichés. En plus d'être vilain, il est généralement pas fin, envieux et extrêmement vicieux. Bref, le pauvre laideron n'a rien pour lui. C'est pour cette raison qu'il est ordinairement confiné dans un rôle de méchant ou de politicien.

Heureusement on a inventé pour le laideron la comédie romantique. D'accord, il ne finit pas souvent ses jours avec la belle de service mais au moins il pourra se venter d'avoir été son meilleur ami.

Phrases typiques :
  - Je crois qu'il t'aime, idiote !
  - Tu crois que si j'avais des muscles... moins de boutons...




L'homme de carrière
Au cinéma, le carriériste n'est pas un être tempéré. Il est soit un requin de la finance, soit un avocat idéaliste. Dans tous les cas, il est marié et néglige sa femme. Celle-ci s'envoie en l'air avec son meilleur ami et termine normalement ses jours à l'asile ou dans un centre de désintoxication. Bref, les clichés relatifs à l'homme de carrière ne sont pas très loin de la vérité...

Phrases typiques :
  - Chérie, où est ma chemise verte ?
  - Non, pas question  que tu mettes ta robe bleue !



Le flic de service

En tant que personnage secondaire, le flic fait du ventre et porte la moustache. Il est marié à un berger allemand et il vit dans un bars de danseuses nues. Il est bête à mourir et toujours à coté de sa plaque. [Jeux de mot impayable ] Un peu lent d'esprit, il passera le tiers du film à attendre l'agresseur bien assis dans sa voiture ou installé devant la porte du témoin à protégée. À tout coups, il terminera sa mission avec une balle dans la tête.

Phrases typiques :
  - Rapportes moi des beignets
  - Poupée, je serai caché derrière le canapé.

 

 


Le Petit génie

Tout droit sortie des comédies des années 80 (Profession génie, Cap sur les étoiles.) Le petit génie est un personnage invraisemblable : à l'âge de 8 ans, il calcul déjà des intégrales mais il n'est pas japonais.

Le petit génie vient en lot, avec un ordinateur qui parles, un robot intelligent et une paire de lunettes en plastique noir. Lorsque le petit génie atteint ses 13 ans, il se transforme invariablement en tronche.

Phrases typiques :
  - Attendez-moi... J'ai perdu ma pompe Ventolin !



La tronche

La tronche a les cheveux gras et le sourire jaune. La tronche n'a rien d'une carte de mode. À son grand dam, il ne peut même pas se rabattre sur ses capacités intellectuelles, qui sont souvent en dessous de la moyenne. La tronche n'est pas nécessairement un génie. La tronche se distingue plutôt par son caractère asocial et son esthétisme peu recherché.

La troncheEn général, on retrouve la tronche camouflé derrière les casiers, à proximité du bureau du proviseur, au cas où le sportif tenterait encore de lui faire boire l'eau des chiottes.

Sinon, on le retrouve à la cafétéria en compagnie de son seul ami, un immigrant chinois qui ne parle pas un mot de français, heureusement.

Phrases typiques :
  - Trouves-tu ça bon de la mayonnaise ?!
  - Hé l'ami, préfères-tu Virulix ou Pikatchu ?


La trompe

C'est l'étudiant qui servira à inclure au scénario quelques blagues grivoises. C'est donc le gros abruti qui pet, qui boit de la bière et qui inévitablement vomie sur la cheerleader.

Phrase typique :
  - Tu sais pourquoi on m'appelle la trompe !?


Le sportif

Le sportif
Un peu comme le militaire, le sportif ne fait rien sans sa bande de gars. Il joue au foot avec eux. Il se lave avec eux. Ensembles, ils frappent les tronches et ils violent les femmes.

Si le sportif a le malheur de tomber amoureux, il est immédiatement exclus du groupe car on n'accepte pas les mauviettes dans la troupe. Évidemment il peut conserver sa place s'il consent à partager sa conquête avec le reste de l'équipe...

Phrase typique :
- Chuut ! J'ai mis de la drogue dans sa liqueur...



Le peRturbÉ

Dans les scénarios Américains, l'adolescent perturbé habite au grenier, dans une chambre tapissée d'affiches heavy-métal. Le perturbé adore en particulier un groupe rock, au nom bâtard, que personne ne connaît. Curieusement ce groupe offrira un prestation des plus médiocre un moment donné durant le film.

En plus de ses chemise hawaïennes, ses tubes de colle forte, sa carabine tronçonnée et sa collection de films pornos, le perturbé possède un ordinateur dernier cri et une caméra digitale afin de filmer sa petite voisine en cachette et de diffuser les résultats sur Internet.

Phrases typiques :
  - Eille, t'sé comme...
  - Fuck, Elle a fermé lé lumières !



Le beau rebelle

Tout de noir vêtu, cheveux longs, air bête, le beau rebelle est un personnage qui emprunte beaucoup à la stylistique Beatnik, ce qui fait chavirer le coeur de toutes les étudiantes. Mais c'est peut-être aussi imputable au fait qu'il soit le seul mec sur le campus a être âgé de 30 ans.

Le beau rebelle emmène toujours ses conquêtes amoureuse sur sa moto. Invariablement, il entraîne la chanceuse vers un endroit isolé et magique où il lui déclame des poèmes de son cru avant de la foutre en cloque.


Phrases typiques :
  - Chuut ! Écoutes-moi...
  - Tu crois que je devrais me faire publier ?



Le rigolo
Le rigolo a toujours plein d'amis. Il est invité à toutes les fêtes et son rôle est de dérider l'assistance. Par contre, le rigolo n'a aucune petite amie. Il n'a pas le temps, se dit-il. Le soir, il préfère faire le clown dans les corridors des résidences universitaires. Le jour, il travaille dans un club-vidéo où il passe son temps à écouter «Police Academy 4» et la vidéo d'aérobie de Cindy Crawford.

Le rigolo termine normalement le film en pleine dépression nerveuse. C'est alors qu'il se rend compte qu'il n'a pas de véritable ami et qu'un rigolo dépressif n'attire pas les masses.

Phrases typiques :
  - Regardez, je vais foutre des confettis dans le ventilo !
  - Hé regardez les mecs, regardez... Je suis une brebiiiis !



Le petit riche
Puisqu'il serait embarrassant de présenter un personnage riche qui serait sympathique, l'ado fortuné est ordinairement prétentieux, coincé et raciste. Ses plus grands aspirations sont de devenir champion de pagaye, de se taper une domestique, d'écrire sa biographie et de pouvoir se payer une épouse convenable. Son pire cauchemar, Tiger Wood.

Phrases typiques :
  - Locataires de merde !

 

 


L'ami gay de ma femme

C'est le personnage homosexuel idéal puisqu'il ne risque pas de bouleverser la vertu des Américains et la sensibilité des homophobes. Ce personnage n'a aucune vie sexuelle, aucune libido, nada. C'est à se demander comment il a découvert son orientation sexuelle. Disons, qu'il est un gay par principe. Peut-être est-il assez intelligent pour ne pas tomber dans le piège et qu'il sait que dans la plupart des films, le gay qui baise chope invariablement le sida.

Phrases typiques :
  - Julie, ton mari, c'est une grosse brute !
  - Tu veux du safran dans ta gaspacho ?
  - Julie, les téléspectateurs, sortez vos mouchoirs. J'urine bleu !




La tapette
Un personnage tout droit sortie des comédies des années cinquante mais qui peut toujours servir dans un sit-com qui bat de l'aile. La tapette est destinée à l'humour facile. 

Dans les films d'horreur et les suspens, la tapette sera le psychopathe idéal. En général il s'agit d'un travestie, déguisé en infirmière, qui étrangle ses victimes à l'aide d'un bas nylon couleur épice.

Phrases typiques :
  -  Je hais ces zz'hommes !
  -  Frouch ! Frouch ! 


Retour à la chronique Étrange précédenteProchaine chronique Étrange

YANICKD.COM COPYRIGHT YANICK DESROSIERS 1997-2001