SPÉCIAL FRANCE

- Mysterious Yanick D - Spécial France - Vol6 - No1 - Octobre 2003 -

 


La langue de chez nous
Québec vs France

Ce texte fut publié en partie dans le magazine L'Écho du village.
N°9. Juin 2000. P.57-61.

Cette série de courts textes disparates traite des différences entre les Français et les Québécois, notamment au niveau de la langue parlée.


Lettre ouverte (1998)

LES VALEURS À LA BONNE PLACE

Comme il est affolant d'assister impuissant à l'invasion de ces odieux anglicismes en pays de France, bastion du bon parlé et de la phrase bien construite. Ces damnés anglicismes sont la phobie des Québécois. C'est dû à une bactériophobie généralisée, une peur panique de la contamination linguistique.

Chers amis Français, sachez que les Québecois se foutent bien des déchets toxiques qui tapissent le fond du fleuve, de la coupe à blanc dans la forêt boréale ou de toutes ces baleines qui se font scalper le dessus du crâne par les Zodiacs touristiques. Le bon Québécois, le vrai, désire avant tout sauver sa langue.

D'accord, le Québécois se permet d'user d'un français sommaire
dans la vie de tous les jours et ses médias proposent souvent un français douteux, mais le Québécois devient chatouilleux en ce qui concerne le français de ses cousins d'outre atlantique. Ces derniers sont sensés donner le bon exemple !

Voyez-vous, au Québec on invente des lois afin de
protéger le français. On crée des commissions d'état, des débats publiques et plusieurs s'imaginent naïvement qu'une bonne souveraineté protégerait le pays de l'invasion culturelle Américaine. Alors, imaginez la stupéfaction lorsque le berceaux de la francophonie, un pays indépendant de surcroît, est au prise avec l'américanisation et l'anglicisation.

 


Constat navrant (1992)
LA LANGUE DE MON LIERRE (un pet d'esprit)


Qui parle le mieux entre le Français et le Québécois ? Moi je n'oserais pas me prononcer. Prenez par exemple ces deux énoncés dites consécutivement par un Montréalais et un Parisien :

«Anyway je vais passer la fin de semaine avec mon chum», donne
«De toute façon, je vais passer le weekend avec mon pote

«L'animatrice du Point J me Turn off», donne
«La speakerine de Vendredi c'est Julie me trou le cul.»

Visiblement, nous parlons aussi mal et nous sommes aussi mauvais quand vient le temps de pondre un titre pour une émission de télé. Et avec la prononciation ce n'est guère mieux. Le Québécois a de la difficulté à prononcer le son «woua», ce qui donne «L'état c'est moé [au lieu de moi]», et le Français peine avec le son «un», ce qui donne «Du bon pain brin [au lieu de brun]»

Et si ce n'était pas assez, les accents varient en fonction des circonstances. Il faudrait d'ailleurs qu'un linguiste se penche sur cette question. J'aimerais bien savoir pourquoi un Québécois perd normalement son accent lorsqu'il chante, tandis qu'un Français qui chante amplifie normalement son accent ? - Mystère.

N.B : Tant qu'à moi, ceux qui parlent un français international, ce sont assurément les Africains du Nord.

 


Lettre aux alter-mondialistes (1998)
La mondialisation et le nationalisme


Je m'amuse lorsque je pense à tous ceux de ma génération qui pestent contre la mondialisation de la culture américaine et qui prédisent la disparition des autres cultures nationales. D'accord dans le futur nous serons peut-être destinés à connaître une culture planétaire en raison de l'avancée des moyens de communication, mais cette culture globale sera raisonnablement constituée au fil du temps de ce que chaque pays a de mieux à offrir. Les grands empires ont toujours été perméables aux cultures étrangères. Pourquoi cela changerait-il ?


Je suis optimiste quant à l'avenir. Je crois qu'on fêtera la St-Patrick à Jakarta et le Yom Kippur à Tokyo. Ces pourquoi je ris de ces petits nationalistes, cachés sous la jupe de la tradition, terrifiés de ne pas savoir s'adapter à l'invasion culturelle. Ils sont franchement dans le décor lorsqu'ils pensent pouvoir freiner le processus de mondialisation qui s'est amorcé depuis quelques années, espérant préserver une pureté bien illusoire. Aux partisans de l'identité nationale, rappelez-vous que sans les invasions Turques, les Viennois n'auraient pas leur fameux café et les Français leurs croissants.

Le Québec produit maintenant des bières qui concurrencent les stouts Irlandaises et les gueuses Belge. Les Californiens et les Chiliens font bonnes impression avec des vins excellents. Les japonais produisent du sirop d'érable. Une culture est en perpétuelle évolution.

Souhaitons à tous ces satanés racistes qu'ils connaissent le sort du pharaon Akhenaton, consanguin et difforme.

 


Caricatures grossières (2000)
IN CAUDA VENENUM (dans la queue, le venin)

Pourquoi ne pas sombrer dans les préjugés et la caricature grasse
? Si vous avez un temps soit peu le sens de l'autodérision, ce texte est pour vous. Je dis tout haut ce qui se dit déjà tout bas à propos des Français et des Québécois. Pour que nos deux pays s'apprécient mutuellement, il faut crever l'abcès et se dire les vraies choses !

Préjugés Québécois envers le Maudit Français
Le Français, c'est le mec qui se plaint déjà dans l'avion, bien avant l'atterrissage : -
Le café est dégouttant ! - Le pain a un goût de chiotte ! » Le Français est un sal colonialiste prétentieux dira le Québécois moyen qui souffre généralement d'un grave complexe d'infériorité. D'ailleurs il se demande toujours ce qui peut bien attirer tout ces touristes au Québec ? Est-ce la neige, les grands espaces, les Amérindiens 
 - Mais c'est de la merde tous ça !
Vous dira-t-il excédé.

Si on poursuit dans la mauvaise caricature, le Français a la réputation de ne pas se laver souvent, d'avoir les cheveux gras et d'empester le parfum. Il est enclin à la confrontation et tient toujours à avoir raison. La Française, quant à elle, ne sait pas boire et est toujours prête à participer à une petite orgie. Un détail odieux, elle ne se rase jamais le poil des aisselles.

Le Français possède toujours une petite tendance monarchiste car il regrette amèrement la splendeur d'antan, du temps où la France était le centre du monde. C'est
pourquoi il déteste et vénère les Américains, les nouveaux maîtres du monde.

Préjugés Français envers le Quèbe

Le québécois, c'est le gros con venu du nord qui ne sait pas quoi faire
devant un bidet, sinon de s'incliner pour y boire. C'est le mec qui empeste le parfum médiocre, qui parle fort, parle mal et qui au restaurant bouffe le bouchon de liège qu'on lui présente. Bref, c'est un être primitif, sauvage et sans manière, qui est prêt à tout pour un peu de considération.

Si on poursuit dans la mauvaise caricature, le québécois est un être naïf, voir niais, ne possédant pas le moindre soupçon de culture. La preuve, il doit emprunter à la littérature Française ses titres de noblesse s'il a l'intention de produire une comédie musicale, la quintessence de son art.


La québécoise, quant à elle, est affublée de hanches colossales, de seins lourds et d'une silhouette déplaisante, reliquat de ses 76 accouchements. Le Québécois est un être sans finesse, la québécoise est une mère porteuse.

 

© Yanick desrosiers

 


Réflexions 1 (1998)
LE QUÉBEC ET LA TÉLÉVISION


Au Québec, la télévision est l'unique porte-étendard de la culture. C'est peut-être normal, le Québec est le berceau de la télévision et de la radio. C'est au Québec qu'on diffusa les premières émissions radiophoniques et télévisées. La grande époque de la transmission en direct (Live). Et le direct a fortement marqué le Québec car il n'y a pas un artiste, ni un politicien, qui peut se prétendre dans le métier, s'il n'a pas touché à une émission en direct. C'est une règle d'or. D'ailleurs au Québec, le «lip-sync» est une aberration.

Le Québec c'est le royaume de la performance, de l'improvisation et de l'erreur impromptue qui casse la routine et humanise les artistes. Si le chanteur fausse, si le comédien bafouille, on veux l'entendre.

En France, l'artiste n'a pas cette possibilité à l'erreur. L'erreur est bien souvent impardonnable, injustifiable. Chose normal, puisqu'en France il y a quelques chose qui n'existe pas au Québec : une grande tradition. En France, un écrivain qui s'attaque à son premier roman doit rivaliser contre un Flaubert, un Proust ou un Hugo. La barre est haute. - Tu es médiocre ? Casses-toi, tu nous fais honte !

Ainsi la France attire bien souvent l'élite artistique. Voyez  ces acteurs américains, fiers de dire qu'ils sont passés à Cannes, c
et écrivain Québécois qui s'enorgueillit de son apparition au salon du livre de Paris. En art, la France est le pays qui décerne les sceaux de qualité.


Réflexion 2 (1999)
LE QUÉBEC ET INTERNET

Malgré que le Québécois parle français, ils n'en demeure pas moins un Américain dans l'âme. Prenez par exemple la façon de concevoir Internet. Au Québec Internet est principalement un outil commercial. Autrement dit, l'internaute est avant tout considéré comme un consommateur potentiel. Les grands débats entourant les nouvelles technologies se concentrent principalement sur la recherche de moyen de rendre la toile plus rentable : la protection
des échanges commerciaux, la simplification de l'interface graphique, la création de nouvelles technologies intranet, la recherche de nouveaux supports monétaires électroniques, l'optimisation de la cyber-publicité et autres projets mercantiles.

Par contre en France, Internet est considéré avant tout comme un support à la communication, un espace publique regroupant une communauté internationale permettant d'échanger des idées, de répartir l'intelligence. Ainsi, on se concentre sur des problématiques plus abstraites : la recherche d'une législation spécifique à la toile, les droits d'auteurs, la création de babillards spécialisés, l'auto-diffusion et l'hébergement gratuit.

Ainsi, Le modèle Internet Québécois est principalement constitué de promoteurs et
de compagnies. Le modèle Français regroupe plutôt des sociétés, des groupes d'intérêts et des cyber-citoyens.

( YD )



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