La société
actuelle est en voie
d'engendrer une armada de célibataires insatiables, des consommateurs
habitués de satisfaire le moindre désir dans l'immédiat, tant matériel que
sexuel.
Cette
marchandise bien-aimée

L'individu de ce
siècle ne résonne plus qu'en consommateur, mais il est dit
que le client est roi et que le privilège du roi est de satisfaire ses
besoins dès qu'ils se font sentir. Désormais, toutes les envies, même
sexuelles, répondent à
cette compulsion souveraine d'acheteur : je convoite, donc je me
procure.
Conséquemment, le corps s'est
progressivement transformé en affiche publicitaire; bardé de tatouages, de
perçings et
autres distinctions personnelles. Le corps est devenu un étal, un
produit de consommation, une marchandise. La sexualité, c'est de consommer
une personne.
En résulte un nouveau type de célibataire,
une marchandise en souffrance, qui trouve plus embarrassant de se mettre à nu lors d'une discussion,
que de le faire littéralement. En fait, il copule sans inhibition,
mais il est incapable de dire
à un partenaire potentiel ce qu'il éprouve. La notion
d'intimité s'est décalée. Le nouveau tabou, ce sont
les sentiments.
Notez
que l'emploi exclusif du genre masculin ne sert qu'à alléger le texte.
Il n'est aucunement question de discrimination. ;)
Yanick D. mai
1999

