Objectif
Lune
La
Lune inspire les
paranos

« Si vous n'avez pas l'esprit ouvert, inutile d'aller plus
loin. Et si vous continuez la lecture, vous ne regarderez plus la Lune avec les mêmes yeux!
» — Philippe
Lheureux, 1998
La
légende des faux alunissages

Le 20 juillet 1969, plus de 600 millions de personnes se font duper.
C'est ce que prétend une légende urbaine : La NASA aurait simulé
les missions Apollo en studio et l'homme n'aurait jamais mis le pied sur la Lune.

Les clichés effectués lors des différentes missions
prouveraient la supercherie. Certaines ombres projetées révèleraient
la présence de plusieurs sources lumineuses. Une empreinte de pas
serait visible sous le module lunaire, alors qu'il est
censé ne pas avoir bougé
depuis l'alunissage. Plusieurs soi-disant preuves sont produites afin de
nourrir la légende.

À savoir comment les astronautes ont
pu rapporter plus de 340 kilogrammes de pierres lunaires lors de leurs
expéditions, les tenants du canular ne produisent aucune explication.

Du
scepticisme dès
le départ

Le
scepticisme qui engendra cette légende urbaine se manifesta dès les
premières heures de diffusion de la mission Apollo 11. Bon nombre de
gens, dépassés par la prouesse technique, pensèrent à une
mystification.

En 1970, le magazine Newsweek
rapporte les résultats d'un sondage à ce propos : une femme pense
que l'alunissage a été tourné dans le désert d'Arizona, une autre se
demande comment son poste
de télévision, qui ne peut recevoir les émissions de New York,
parvient à capter les signaux depuis la Lune. Dans le ghetto de Washington,
c'est plus de la moitié des personnes interrogées qui doutent de
l'authenticité de la mission. C'est en raison d'un pasteur,
conspirationniste avant l'heure, qui prétend que la mission lunaire
est « un effort délibéré du gouvernement afin de masquer les problèmes
socio-économiques du pays. »

En 1993, un sondage d'opinion révèle
que 10 à 25 millions d'Américains sont encore persuadés que
l'homme n'a jamais marché sur la lune.

La
création de
la légende

C'est Bill Kaysing en
1974 qui est le premier a contester officiellement la véracité des
missions lunaires avec son livre : « We never went to the moon :
America's thirthy billion dollar swindle. » L'auteur doute particulièrement
du système de propulsion. L'ouvrage n'est pas un succès de
librairie, mais
les thèmes abordés demeurent dans l'imaginaire collectif en
raison du mécontentement des Américains à l'égard des millions de dollars
investis dans l'exploration spatiale.
On parle bientôt du « Moon
Landing hoax. » À cette époque, le thème des conspirations gouvernementales
gagne en popularité en raison du scandale du Watergate.
Dix-huit ans
plus tard, ce sont les scandales du Whitewater et de l'Irangate
qui remettent les conspirations gouvernementales au goût du jour.
Ralph René,
un charpentier inspiré, reprend la thèse de Kaysing dans un livre
intitulé « NASA mooned America! » C'est lui qui affirme pour la
première fois que la documentation vidéo et tous les clichés
lunaires furent réalisés en studio. Il prétend également que les
astronautes ne pouvaient pas traverser la ceinture de radiations de
Van Allen sans mourir d'irradiation. Il remet aussi en
question la loi de la gravitation universelle de Newton et la
relativité d'Einstein.

Des
cinéastes sans scrupule
(Chapitre ajouté en 2008.)

C'est en 2000
que la légende se retrouve au petit écran. Le photographe britannique David Percy
s'inspire du livre de Ralph René et produit le documentaire « What
happened on the moon. »

L'année suivante, Craig Tipley
réalise pour la chaîne de télévision Fox l'émission « Conspiracy Theory : Did We Land on the
Moon? » La même année, Bart Siberl, un cinéaste amateur,
produit le documentaire « A funny thing
happenend on the way to the moon », qui affirme que les missions spatiales
furent simulées afin de détourner
l'intérêt des Américains durant la guerre du Vietnam et
impressionner la Russie lors de la guerre froide. Siberl réitère
en 2004 avec le film « Astronauts gone wild », il reprend
l'argumentaire des photos truquées.

Ces trois documentaires,
largement diffusés sur Internet, popularisent le thème dans la
population. En réaction, William Karel réalise l'excellent documentaire «
The Dark side of the Moon », qui prétend que c'est le
cinéaste Stanley Kubrick qui simula les missions Apollo. Le film
se termine par le dévoilement de la supercherie et pose la question :
faut-il croire tout ce qu'on raconte à la télévision?
 
De la vie sur la
Lune
(Chapitre
modifié en 2008.)

Une autre légende
urbaine concernant la Lune prend naissance en 1977, lorsque l'ufologue
Georges H. Leonard se demande s'il existe des vestiges extraterrestres
sur notre satellite. Il analyse certains clichés de la NASA dans son bouquin
« Someone else is on the moon? »

Dans la
francophonie, les théories de G. H. Leonard sont diffusées en 1981
dans l'hebdomadaire « Inexpliqué » (pp.614-617, pp.638-640,
pp.658-660.)

En 1998, le Français Philippe Lheureux s'inspire fortement de ces articles et
produit une page sur Internet où il prétend qu'il existe toujours
une présence extra-terrestre sur la lune. Il analyse à son tour de
nombreuses photographies de la surface lunaire, glanées sur le site
Internet de la NASA, qu'il commente sur son site. À la manière de l'artiste Max
Ernst, qui provoquait ses hallucinations
en fixant une tache ou un gribouillis, l'auteur emploie les clichés en noir et blanc afin de stimuler son imagination.

— Regardez sur cette photo, la pierre semble avoir bougé!
— Regardez, on dirait un camion-citerne extra-terrestre!

Le site de Lheureux
disparaît de la Toile en 2000, mais un nouveau site fait son
apparition en 2002, accompagné d'un livre : «
Lumières sur la Lune. »
— Yanick Desrosiers, 1998-2008.

VOS
RÉACTIONS

G.
Lazare :
« Bonjour, je suis moi même chercheur d'anomalies lunaires,
martiennes, etc. J'ai fait mes 1eres armes avec P. Lheureux qui m'a donné les outils de base pour ce genre de
recherches. Il a d'ailleurs diffuser sur son site 1 ou 2 photos que je lui avait envoyé.
L'ensemble de mes recherches est diffusé sur le site de mon ami et collaborateur
L. Brohle. A+ »

Paranoïaques,
abstenez-vous de lire : «
Une
vie extra-terrestre sur la Lune!
»,
« Le
site de Philippe Lheureux
»
et « Les
preuves qui contredisent cette légende urbaine.
»
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