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L E R A C I S M E E T L A R E C T I
T U D E P O L I T I Q U E
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Un monde sans racisme
est une utopie. Pour s'en rendre compte, il suffit d'écouter le
discours
de ceux qui se qualifient de tolérants. On dit que l'enfer est pavé de bonnes intentions.
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RACIALEMENT
CORRECT
D'après
la sacro-sainte mentalité politiquement correcte, il est défendu de qualifier un individu
de blanc, de noir, de nain, d'aveugle ou de roux;
c'est offensant. Est-ce de la civilité, de la finesse d'esprit? Non, il s'agit
de nier
la différence, car la différence blesse. Elle est un point de
comparaison, elle nous
renvoie notre image. C'est pourquoi il vaut mieux l'ignorer, la dissimuler derrière de
belles paroles et de jolis euphémismes. Certains s'imaginent que de nier
la différence permet de contrer la discrimination. Cette idée est
tordue.

LA MINORITÉ VISIBLE
ET LA MAJORITÉ QUI OBSERVE
L'expression
« minorité visible » est-elle adéquate? Imaginons un monde habité par des messieurs à têtes
rondes. Un matin, dans un bouchon de circulation, vous tombez sur votre premier monsieur
à tête carrée, il se décrotte le nez. Deux mois plus tard, vous tombez sur un
second monsieur à tête carrée et il se
fouille lui aussi dans le nez. Le constat de l'individu moyen : Tous les messieurs à
tête carrée se décrottent le nez au volant. Vous êtes peut-être
tombé plus d'une fois sur des messieurs à tête ronde qui se décrottaient le
nez, mais vous ne les avez
jamais remarqués. C'est le principe de la minorité
visible.
L'exposé est élémentaire, mais le racisme résulte directement de ces
deux principes; de la généralisation de la masse et de la caractérisation
de la différence.

J'AIME MON
PETIT NOIR!
Une
autre idée décevante de ceux qui prêchent prétendument la
tolérance, c'est d'exhiber artificiellement la différence ethnique
lors des occasions spéciales. Par
exemple, on prépare un spectacle pour la fête nationale, il faut absolument
présenter quelques communautés ethniques à l'avant-scène afin de démontrer à quel point le pays est
tolérant.

Et ce mot, « tolérance », que l'on emploie lorsqu'il est temps de contrer
le racisme, comme
s'il y avait logiquement quelques choses à tolérer.

TOUTES COULEURS
UNIES
Une autre mentalité qui
m'exaspère, celle qui prétend que toutes les races se
ressemblent : on ne doit pas être raciste, nous sommes tous
pareils, des humains.
Il s'agit encore d'un discours profondément xénophobe qui cherche à gommer les différences et à nier la diversité biologique et culturelle.
Non, les races ne se ressemblent
pas. Elles possèdent toutes leurs spécificités. Le racisme, ce n'est pas
le fait de
ressentir une différence marquée entre les races. C'est le fait de concevoir une
hiérarchie dans ces différences.

 
DES JEUX DE
VILAINS
Certains d'entre vous me
disaient que le racisme est d'une autre époque. Vous voulez un exemple flagrant
où le racisme perdure : le quiz
télévisé. Avez-vous déjà calculé le nombre de gens issus des
communautés ethniques qui passent à ces émissions? Ils ne sont pas des
masses. Pourtant au
Québec, c'est dans la métropole que s'enregistre l'ensemble des jeux
télévisés. De l'aveu d'un
régisseur de ma connaissance, ils rejettent tout
bonnement la candidature
des panélistes noirs : les téléspectateurs
aiment les jeux, pourvu qu'ils puissent s'identifier aux vainqueurs.
C'est un cas de minorités invisibles.
VOS RÉACTIONS
Samuel :
« Pas d'accord avec le propos. En
Haïti, on n'est pas raciste envers la minorité blanche. Beau site. »

— Et
l'êtes-vous envers votre propre communauté?
Marie-Hélène de Montréal : «
Parfaitement d'accord, tu sembles avoir une conscience et une vision
du monde très développée. Ton site est psychotronique. J'adore ça !
»

— ; )
Yanick
D. juillet 1999


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