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Pour qu'un État devienne puissant, faut-il qu'il fasse sauter quelques têtes,
qu'il instaure à l'occasion la loi martiale, et qu'il tire sur
certains manifestants?
LES
ACADIENS
En 1755, le
gouvernement colonialiste britannique compte s'approprier les terres acadiennes,
exploitées par des francophones, dans le but d'y cultiver la patate, d'y pêcher la morue,
afin d'approvisionner l'empire en « fish and chips ». Des troupes
militaires sont mobilisées sur place. Elles arrêtent, puis déportent plus de 7000
habitants
vers la
France, la Louisiane, l'Amérique du Sud, la Floride et le Liberia. Le tiers des déportés
meurent durant le voyage.
La justification
Parce que la déportation,
c'est plus civilisé que l'épuration ethnique.

Le résultat obtenu
Il y a dans les maritimes
des francophones qui parlent à moitié anglais et en Louisiane des anglophones qui
parlent à moitié français. En résulte un accent particulier qui sonne
bien avec de la musique folk.
LES PATRIOTES
Pour la
première fois, les Canadiens du Bas-Canada pensent à former un parti
politique, le Parti canadien, nommé plus tard le Parti patriote, en l'honneur d'une équipe de hockey locale. Il faut avouer
que cette idée n'est pas venue toute seule. Il y eut l'épidémie de variole de 1821,
l'idée de regrouper le Bas-Canada et le Haut-Canada en 1822, la naissance de maman Dion en 1827,
la création des réserves amérindiennes en 1830 et la mort de quelques
manifestants francophones, fusillés dans les rues de Montréal en 1832.
Le mouvement
patriote est donc fondé et ses membres, armés d'élastiques et de lance-boulettes,
s'élancent sur les troupes gouvernementales afin d'exiger la démocratie. En 1836, le gouvernement colonialiste instaure un régime
de terreur et
interdit tous
regroupements populaires. En réaction, les patriotes se rebiffent et organisent des méchouis,
des parties de hockey et des soirées meurtre et mystère un peu
partout sur le territoire.
Dans le Haut-Canada, quelques Écossais tentent le même coup et
organisent le mouvement « Patriots » afin de défaire le gouvernement
colonialiste.
Pour mater une fois pour toutes ces insurrections populaires, on incendie des villages
entiers le long du Saint-Laurent. On terrorise les villageois. On les pend, on les
viole, on les déporte, mais rarement les trois à la fois.
Justification
La prison, la
pendaison, la déportation, c'est toujours mieux qu'être contraint à demeurer dans une réserve!
Résultat
L'histoire des
patriotes a inspiré un très mauvais roman à Jules Verne,
« famille-sans-no».
LES MÉTIS
1869,
année érotique. Après l'achat de l'Ouest canadien par le gouvernement fédéral, c'est le soulèvement
des 10 000 Métis de la Rivière-Rouge. La rébellion est amorcée par un
jeune rebelle,
Louis Riel, qui instaure un gouvernement provisoire pour son peuple. Qu'à cela ne
tienne, en 1885, le gouvernement envoie ses troupes dans l'Ouest afin de mater
les métis.
Louis Riel capitule. Il n'a plus le goût de se
battre depuis qu'il a réalisé qu'il est le fils de Dieu. Il est aussi question de la
méchante sorcière de l'ouest. Concrètement, Louis Riel
s'est découvert des penchants pour la schizophrénie.
Pour clore le sujet, on arrête Louis Riel et on le pend pour haute trahison. Avant de
se rendre à l'échafaud, Riel s'écrit : « Eli, Eli, lamma
sabacthani ! »
Justification
Ce
n'est pas une exécution,
c'est
accidentel,
il s'est empêtré avec le cordon d'un store vertical et il
s'est étouffé.
Résultat
En 1999, la province du Manitoba demanda au Canada de reconnaître Louis Riel comme
personnage historique officiel ou comme fils de Dieu, puisqu'il n'avait toujours
pas de statut officiel, ni de statue officielle.
Yanick D. 1999.
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